Choisir son dispositif d’assainissement non collectif : un moment important !

Les instances en charge de la gestion de l’eau, notamment l’Agence de l’Eau, ont opéré un changement de considération entre l’assainissement collectif et non collectif. Auparavant l’assainissement non collectif (ANC) était considéré comme une solution temporaire en attendant la mise en place de l’assainissement collectif. Or, devant les coûts pharaoniques de celui-ci, mais aussi face à l’impact de la concentration des effluents en un même point, l’ANC est apparu comme une solution avantageuse en habitat dispersé.

Toutefois, l’assainissement non collectif fait face à une offre très abondante de filières :

  • techniques classiques (fosse + épandage),
  • filtres compacts (à coco, laine de roche, zéolithe, xylit,…),
  • microstations (culture fixée, culture libre, en une ou plusieurs cuves),
  • filtres plantés de plantes aquatiques,
  • toilettes sèches,…

Plusieurs dizaines de solutions sont donc possibles. Et devant ce choix pléthorique, il est bien difficile pour un particulier d’effectuer son choix.

Consulter : le guide sommaire pour choisir son assainissement non collectif

Le dispositif parfait n’existe pas, mais chaque dispositif peut être plus ou moins judicieux selon les cas rencontrés. Il convient donc de ne pas se faire influencer par des fournisseurs ou installateurs qui exercent parfois un véritabe lobby incitant fortement les usagers à ne pas mettre autre chose que le dispositif qu’ils vendent, dénigrant avec de faux arguments les autres solutions.

Pour exemple, on entend bon nombre de contre-vérités :

  • Le changement régulier du sable des filtres à sable est obligatoire. FAUX, cela dépend uniquement de l’entretien que vous aurez de la fosse. Si celle-ci est vidangée avant que les boues ne partent dans le filtre à sable (c’est à dire environ tous les quatre ans), les filtres à sable peuvent fonctionner au moins trente ans puisque certains ont été réalisés en 1982/1983 et fonctionnent toujours actuellement. Consulter l’onglet “les indispensables“.
  • Les filtres à sables vont être interdits. FAUX, puisque dans bien des cas c’est la solution la plus économique, écologique et rustique. L’Agence de l’Eau elle-même incite les SPANC à conseiller le plus possible les filières classiques.
  • Les épandages ne marchent pas dans l’argileVRAI et FAUX. Les épandages par infiltration (tranchées d’épandage, filtre à sable vertical non drainé, lit d’épandage) ne peuvent effectivement pas fonctionner dans l’argile puisqu’ils ont été conçus pour fonctionner dans des sols perméables (sableux). Par contre, les filtres à sable drainés (verticaux drainés ou à défaut horizontaux drainés) ont été conçus pour les terrains imperméables, et fonctionnent donc parfaitement dans les terrains argileux.

À retenir !

Ce qu’ils faut retenir, c’est que d’une manière générale, plus on diminue la surface prise par son assainissement, plus on opte pour un dispositif “intensif” et plus on complexifie le principe de fonctionnement. Il coutera donc plus cher à l’installation, en entretien et en fonctionnement (vidanges plus régulières, consommation électrique supérieure, maintenance plus fréquente,…) et sera également plus fragile.

Enfin, nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que seul le SPANC a une vue globale et objective sur toutes les techniques disponibles, tirée de l’expérience acquise depuis la création du SPANC (environ 9000 contrôles d’installations existantes et 1500 contrôles d’installations neuves effectués depuis 2006). Les fournisseurs et/ou installateurs n’ont quant à eux une connaissance poussée que de la (les) filière(s) qu’ils vendent ou installent et dans bien des cas, pas forcément un avis objectif puisqu’ils ont tout intérêt à ce que vous installiez leur système.

N’hésitez donc pas à contacter les techniciens du service, qui restent à votre disposition pour tous les renseignements que vous pourriez avoir.